Il ne fait plus l’ombre d’aucun doute, Bolloré est le leader sur la place portuaire le long de la cote Ouest-africaine avec une pénétration avoisinant les 93% des parts de marché au Port autonome de Douala (Pad). On le croyait jusqu’ici, le seul français qui rafle tous les marchés en Afrique. Bien loin, puisque les ramifications des entreprises françaises sur le continent touchent depuis des lustres, sans grand bruit, tous les secteurs d’activités notamment de grandes envergures.
Sogéa- Satom jusqu’ici très peu connu du grand public, possède des marchés à travers le pays notamment dans ses quatre axes stratégiques que sont : hydraulique, route et terrassement, Génie civil, Bâtiment. Sa dernière conquête est celle de la construction du 2ème pont sur le Wouri pour une enveloppe globale de 84,5 milliards de Fcfa. Mais avant, Sogea- Satom, bras séculier en Afrique du groupe français Vinci dont les principaux responsables ont une proximité avéré avec le sérail hexagonal, a d’autres marchés tout aussi estimés en milliard de Fcfa. C’est le cas de la livraison du marché des voiries de Douala composé de 3 lots dont la fin des travaux était prévue en novembre 2010 d’un montant de 1 902 274 314 Fcfa.
Le Sud-Ouest tout comme l’arrière pays, semble leur approche de choix et où leurs activités ont plus de ramifications. Après avoir été choisi par la Société nationale de Raffinage du Cameroun (Sonara) pour les travaux préparatoires à savoir : terrassement et voiries d’une valeur de 6 362 779 602 milliards Fcfa courant 2011, d’autres travaux lui ont été encore confiés. Il s’agit notamment de la réalisation des plateformes d’un montant de 15 087 003 181 Fcfa. En plus, il lui a été confié après appel d’offre à la même Sonara, le marché de génie civil pour les nouveaux bacs de fabrication de produits pétroliers à savoir essence et gazole. Tout à coté, c’est cette même structure qui a réalisé une digue de près d’un kilomètre juste avant le village Diboundja à une quarantaine de kilomètre de Limbé en allant à Idénau. Des sources à Limbé l’annoncent en pole position pour le marché de construction du Port de Limbé en gestation.
Méthodes
Très loin devant les structures locales de construction et dont le seul concurrent reste la société Dragages, l’obtention de ses marchés revêt un caractère particulier. En matière de construction, ses marchés viennent des fonds mis à disposition par l’Agence française de développement (Afd). L’argent mis à contribution provient dans plus de cas observés, du Contrat de désendettement et de développement (C2D). Autrement dit, cet argent est la dette du Cameroun vis-à-vis de la France, réinjecté pour son développement qui devrait être confié à une société française à cet effet.
Sa pénétration du marché local se fait plus sérieusement depuis 1970 avec la construction du pont ferroviaire de Japoma permettant ainsi au chemin de fer de relier la ville de Douala à celle d’Edéa. Si des sources sont peut disertes sur le profil politique du top management, en revanche, sa parfaite maitrise des alcanes des pouvoirs de Yaoundé et de Paris ne fait l’ombre d’aucun doute. Des experts prennent appui sur le 2ème pont du Wouri dont il a miraculeusement gagné le marché devant les Chinois dont l’offre était techniquement recevable. Quoiqu’il en soit, sa conquête du marché national surtout dans le domaine de la construction ne laisse personne indifférent. L’on se souvient d’ailleurs qu’en 2010, l’Institut national de la statistique (Ins) du Cameroun la classait 53ème parmi les 100 entreprises sélectionnées sur le plan national dans le cadre des effectifs. Loin du tableau international qui présente cette structure comme "Filiale du groupe Vinci en Afrique et leader dans les Btp (bâtiment et travaux publics Ndlr) et construction dans le monde".