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Pourquoi Biya a désavoué Bolloré à Kribi

Le communiqué publié dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune le 22 janvier 2014, ne cite aucun nom. Comme s’il y avait peur d’heurter, les indices très révélateurs, laissent le choix aux habitués des marchés publics au Cameroun de trouver le concerné. Où le bas blesse, le marché est retiré au groupe Bolloré Africa Logistic (Bal) et remis à son rival de nationalité française, Nicotrans. Ces deux principaux rivaux sur la cote Ouest- africaine, laissent comme un zeste de revanche du 2ème sur le premier.

Si des sources très proches du dossier croient savoir que cet acte du premier ministre vise à éviter le monopole de Bolloré sur les terminaux au Cameroun, d’autant qu’il détient le terminal à container de Douala (DIT), plusieurs raisons par contre, viennent battre en brèche cette position. Pourquoi c’est seulement maintenant que l’Etat s’est rendu compte que Bolloré pouvait détenir le monopole ? Pourquoi c’est le premier ministre qui déclare infructueux le marché en lieu et place du ministère des marchés publics ou celui de l’économie ? Pourtant, le ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), Emmanuel Nganou Djoumessi, le 18 juin 2013, "révélait que les travaux de construction du terminal polyvalent au port en eau profonde de Kribi seront effectués par Bolloré Africa Logistics", indique l’agence Ecofin.

De sources généralement très introduites, indiquent que le premier ministre, en publiant ce désaveu à peine voilé, n’a fait que matérialiser le vœu de Paul Biya, qui dit-on, serait très courroucé contre le puissant homme français, Vincent Bolloré. Outre les exactions commises par cet homme dans le cadre de ses activités économiques au Cameroun, un plan ourdi contre le Cameroun, aurait fleuré les oreilles de Paul Biya. En effet, des indiscrétions, laissent entendre qu’avec l’arrivée d’Alassan Draman Ouattara (ADO) comme président ivoirien, Bolloré aurait proposé sous cape, de faire du Port d’Abidjan, la plus grande de la cote ouest africaine. Cette ambition affichée aurait pour conséquence, la transformation des autres places portuaires en ports satellites. Est visé par ce plan, les ports du Cameroun qui devraient perdre leur position dans la sous-région Afrique centrale. Plus grave, indique notre source, Bolloré ambitionne avec le président de la République du Congo, de faire du port de Pointe Noir, la plus grande et la plus compétitive d’Afrique centrale. Ce qui devrait amoindrir la superpuissance du futur port de Kribi que les pouvoir publics veulent incontournable dans la sous-région. Un cliché qui n’aurait pas plut au numéro camerounais qui l’a fait ressenti en faisant par exemple revenir Emmanuel Etoundi Oyono à la tête du Port Autonome de Douala (Pad). En effet, ce retour, a pour objectif entre autre, de faire échec aux plans machiavéliques du puissant homme d’affaires français. Des proches laissent aussi entendre, qu’il aurait été demandé à Bolloré qui détient près de 93% des marchés au port de Douala, de céder quelques parts aux autres opérateurs afin de fluidifier le trafique maritime et portuaire.

Face à cette situation et bien d’autres, des proches du Palais de l’unité croient savoir que les carottes sont désormais cuites pour Bolloré au Cameroun. Des multiples procès contre des entreprises camerounaises, les registres de la section commerciale du greffe du tribunal de grande instance de Bonanjo dont émergence a eu copie, en disent long. En plus, sa dégringolade sur le plan international avec notamment l’autorité de contrôle de la bourse de Paris qui l’a sanctionné la semaine dernière pour des manipulations sur le titre de la holding italienne Premafin laissent croire que Bolloré est dans de sales draps.

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