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Situation très critique au port de Douala

Depuis plusieurs mois, les performances du port de Douala ont chuté. Une situation qui met aux prises, l’autorité portuaire, les acconiers et les armateurs. Si des observateurs y voient des soucis administratifs sous-jacents, l’ensemble des acteurs se renvoient mutuellement la faute.

Ainsi, on note un regain de congestion tant au niveau fluvial que sur les terres pleines. Selon des données auxquelles nous avons eu accès, le mois de juin ne semble pas bien démarrer pour les armateurs et les importateurs/exportateursSituation très critique au port de Douala. A la date du 4 juin 2014, plus de 24 bateaux sont en attente d’accostage et de déchargement à la bouée de base au port de Douala. Parmi ceux-ci, il y a qui attendent depuis 27 jours, d’autres depuis hier sans pour autant savoir quand est-ce qu’ils vont accoster. Le plus récent, qui est arrivé le 03 juin dernier à 7h, ne sait même pas quand est-ce qu’il accostera au quai 15 pour voir son contenu déchargé. 13 d’entre eux sont chargés de conteneurs, les autres de voitures, de riz, du poisson etc.

Dans la même veine, à la date du 4 juin 2014, 18 bateaux sont annoncés aux portes du port de Douala. Parmi eux, 2 vont se signaler ce 5 juin, mais n’auront pas de chance d’accoster à cause du trop plein des bateaux déjà à quai. Il faudra alors attendre que la trentaine signalée plus haut, puisse accoster et se remettre en mer. Mais il faudra surtout espérer que les 16 actuellement à quai, puissent se débarrasser de leurs marchandises avant de prendre le large.

Une situation en somme qui est due au mauvais trafic au port de Douala et un problème d’espace. En 1980, l’agrandissement du port avait fait passer la surface de terre pleine de 11 millions de tonne à 15 millions à ce jour. Au regard du trafic et de l’occupation de l’espace, la décongestion du port de Douala qui jusqu’ici est un vœu des pouvoirs publics et des acteurs de la place portuaire relevant d’un véritable vaudou de minuit devient plus qu’impérieuse pour notre économie. Ajouter à cela, l’insuffisance des portiques dont quatre viennent d’être acquis par Douala International Port (Dit) qui transgresse au nez et à la barbe du gouvernement, les clauses contractuelles.

De sources au Pad annoncent sur ces entrefaites, la régression des armateurs sur la destination Cameroun. Selon la même source, outre cette situation, doublée à celle de l’état de la route Ngaoundéré- Kousserie dans le corridor Douala- N’Djamena, les importateurs de ce pays de l’hinterland préfèrent désormais recevoir leurs marchandises à Cotonou au Bénin qui fait désormais partie des meilleurs destinations de la cote Ouest derrière Abidjan, 3ème après Durban en Afrique du Sud et Tanger au Maroc. Les opérateurs économiques de la Rca et du Tchad et une partie de ceux du Sud du pays, optent désormais pour les premiers la destination Cotonou, tandis que pour les deuxième, Pointe Noire au Congo. Les conséquences sur l’économie nationale sont sans appel malgré la sourde d’oreille de Yaoundé et l’absence de l’Autorité portuaire national (Apn).

C’est donc ici, que les acteurs nationaux et internationaux appellent le port de Kribi de tous leurs vœux. Parce que contrairement au port fluvial de Douala, le port maritime de Kribi rempli les trois critères de compétitivité à savoir : accostage direct des bateaux de plus de 200 m, profondeur des terres et le tirant d’eau qui est de plus de 16 m pour le port général et de 22m pour le quai minéralier. Davantage, on pourra y voire à coup sûr,  la réduction de la spéculation des prix de certains produits de première nécessité dont la ménagers est jusqu’ici, obligée d’en faire les frais.

Vous venez de lire la version militante, la version journalistique ayant été publiée dans le quotidien Emergence au courant de la semaine du 06 au 10 juin 2014.

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