Depuis le 20 mars dernier, l’on n’a plus eu la position officielle du gouvernement quant à l’avancée des travaux de construction du port en eau profonde de Kribi. A cette date en effet, la short- list des cinq entreprises en lice pour l’appel d’offres à venir en vue de l’aménagement du terminal polyvalent était rendu public par le comité de pilotage. Depuis lors, black out total en dehors de quelques mouvements observables sur le site tels que la réception le 27 avril dernier à Guangzhou (Chine) de deux remorqueurs destinés à cette infrastructure, dont les travaux sont réalisés par la China Harbour Engineering Company.
Pourtant, Louis- Paul Motazé, président du Comité de pilotage du port en eau profonde de Kribi, non moins puissant secrétaire général des services du Premier ministre n’a pas encore changé d’avis malgré les incertitudes observables tant sur le terrain qu’au niveau des trois procédures de concession toujours en cours. A ce niveau, "on attend encore qu’on nous appelle pour le dépouillement" confie un postulant pour le lot du marché réservé au terminal à conteneurs. Depuis l’appel d’offre, jusqu’ici, aucun résultat, même partiel n’a encore été donné. Du coup, des observateurs avertis s’interrogent sur le manque de transparence du calendrier d’attribution des concessions ainsi que celui de la réalisation du fleuron des grands projets de Paul Biya. C’est le même tableau avec le terminal polyvalent dont l’avis d’appel public international à manifestation d’intérêt avait été lancé le 13 novembre 2013. Il a fallu attendre mars 2013 pour la publicité sur la short-list. Le même son de cloche est observé pour le marché réservé au service nautique. Ici, il existe une short- list également et l’adjudicataire reste toujours attendu trois semaines avant l’arrivée du premier bateau commercial.
Ce qu’il faut dire, c’est que ces éléments constituent l’essentiel de la phase I qui devait normalement s’achever en 2014. La suite prévue pour démarrer en 2015 constituée de terminaux spécialisés semble déjà hypothétique à en croire certains témoignages. "Je sors d'une mission à Kribi il y a une grosse différence avec la réalité sur le terrain ce port n'est pas proche de démarrer" confie ce haut cadre de la Douane camerounaise. Comme lui, "le manque de transparence, l’absence d’un marketing autour de ce projet" comme l’indique Kawalah, présidente du Cameroon people parti (Ccp) sont autant d’éléments d’opacités qui entourent les procédures de concession des différents segments du complexe- portuaire de Kribi.
A en croire une source proche des commissions spécialisées du comité de pilotage, le manque de cohésion des membres pourrait compromettre la suite des opérations
. Quoi qu’il en soit, si ces terminaux venaient à être cédés à une société étrangère, l’expertise locale devra attendre encore une vingtaine d’année, le temps que dureront les différentes concessions dont aucune entreprise camerounaise n’est en lice.
1ere parution, quotidien Emergence du lundi 12 mai 2014.