Dimanche 13 janvier 2013, des dogaris (garde du lamido en langue locale) de Rey-Bouba tentent d’enlever de force S.M Mamoudou Iya, lamido de Mbang-Rey, deux chefferies du département du Mayo-Rey, région du Nord. La population informée, organise la riposte, trois morts sur le carreau, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels. Il lui est notamment reproché par la cour royale, son refus d’obtempérer aux injonctions du Lamido. On parle sur place d’insubordination. La population manifeste ainsi sa colère face à ce qui est devenu la terreur que cause le Lamido de Rey-Bouba, S.M Aboubakary Abdoulaye. Il y a quelques mois, nous entrions en possession des documents et témoignages (consultable sur notre blog à….) adressés aux autorités pour leur prévenir de l’abus de pouvoir dont ils sont victimes et les risques qui pèsent sur l’ordre public.
Cette situation est la millième parmi les multiples tableaux sombres que nous avons pu répertorier. Le 30 décembre 2012, c’était au tour d’un commerçant d’arachides de voir sa clavicule brisée par les dogaris du même lamido sous le prétexte qu’il a refusé de s’acquitter de la part des impôts qui revient à la chefferie. Au milieu de l’année 2012, ce sont des jeunes de Toubouro dans le même département qui subissaient les frasques de ce chef. Ils ont été enlevés, battus et même jeté dans la prison du lamido pour s’être opposés aux injonctions du Lamido qui voulait les voir travailler pour lui. Toujours au courant de l’année 2012, un commerçant a été molesté et menacé d’être expulsé de ce département sous le prétexte qu’il y puise ses revenus sans qu’il n’en soit originaire.
Au moment où nous réitérions ces situations de violation flagrante de droit de l’homme à ciel ouvert, les habitants de ce département sont dans l’émoi et en ont marre de la dictature du Lamido. Désormais, ils sont sur le pied de guerre, prêts à livrer bataille contre le camp du Lamido qui abuse les habitants. Le pouvoir de Yaoundé est interpellé car il y a péril dans la demeure et de graves menaces à l’ordre public compromettent les chances de stabilité de paix.