Brigade ter de Deido ce jeudi 22 novembre 2013, petit à petit, le décor ayant accueilli le chef de l’Etat perd de sa superbe. Quelques agents d’une entreprise d’électricité s’affairent au débranchement des installations électriques. La première pierre du pont sur le Wouri déposée par le chef de l’Etat le 14 novembre dernier, est déjà exposée aux intempéries loin de la tente douillette qui la protégeait. L’on peut encore voir trainer sur la grande surface aménagée à cet effet, papier, plastique et tout genre de déchet. Quelques camions vont et viennent, emportent avec eux, chaises, tentes et autres effets décoratifs. Seule trône à cet endroit, la tribune présidentielle fièrement dressée. Si personne sur le site ne peut renseigner sur le sort qui lui est réservée, quelques langues pensent néanmoins qu’il faut garder cela pour des cérémonies telles que le Ngondo. Personne ici pour renseigner sur la direction qu’auraient pris les climatiseurs achetés à coup de millions de francs Cfa selon des sources.
Non loin de là, où Paul Biya n’est pas allé, les travaux sur le site du deuxième pont sont assez perceptibles. L’accès à la base Elf du coté droit est interdit. Deux gardiens d’une société hyponyme surveillent l’entrée. "Monsieur, vous ne pouvez pas entrer, n’avez-vous pas vu la plaque ?" grondent-ils au reporter qui cherche à pénétrer le site. Sur la route principale donnant sur le pont, une grande barrière faite de feuilles de tôle a été érigée jusqu’au pont sur le Wouri. Des engins lourds entrent et ressortent. Rien ne laisse filtrer des manœuvres qui s’y déroulent. Le trafic n’est pas perturbé ici. A 16h, motos, taxis, personnel et autres gros engins se discutent les couloirs de la route comme d’habitude.
Un passage qui a fait du mal
Quelques jours avant la venue de Paul Biya à Douala, la frénésie pouvait se lire sur les visages aussi bien des militants que de simples patriotes. Il a fallu moins de 24h avant l’arrivée de Paul Biya pour voir cette joie s’estomper. En effet, avec la militarisation à outrance de la ville, la frayeur qui s’est emparée de la ville, la restriction des libertés de circuler, bref la paralysie de la ville, les habitants ont tout de suite regretté. C’est le cas de ceux habitant le quartier populaire dit Village. Certains se sont vus arrêtés par les éléments de la garde présidentielle et confié à la gendarmerie. N’étant pas habitués des exigences du passage présidentiel, ils se sont vus interpellés puis gardés à vue. Des motifs ont été montés de toutes pièces par certaines unités de gendarmerie en vue d’extorquer des fonds. C’est le cas de Hameni, 27 ans enseignant de sport dans une école privée qui est monté au deuxième pallier de son école pour voir passer le chef de l’Etat. Il a été interpellé par deux éléments de la Gp. ceux-ci sont allés le confier à la brigade de Nyllon. Selon les parents de la victime, 200 000 Fcfa ont été déboursés au niveau du tribunal de Ndokotti pour obtenir la liberté de leur progéniture dont le motif était "rebel".