Selon le rapport 2012 de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) sur la situation de la malnutrition dans le monde, le Cameroun ne se porte pas bien. En effet, l’institution onusienne qui fait un focus sur notre pays, d’après les données statistiques, établie que le pays de Paul Biya se trouve dans la zone orange. Ce qui traduit que le Cameroun a un niveau de prévalence élevée et nécessite sans délai, une intervention. Non sans qualifier cette malnutrition de chronique, parce que selon ses chiffres, elle se situe entre 30 et 39% avec une insuffisance pondérale située entre 20 et 29%. Si cette situation traduit le fait que 1 145 000 enfants de moins de 5 ans sont touchés par le phénomène, cet état de chose est à l’origine de leur retard de croissance. Dans le même sillage, le document fait constater qu’au pays de Paul Biya, un enfant sur huit n’atteint pas son 5ème anniversaire tandis que 32% des enfants de cette tranche souffre de malnutrition chronique et 35% décèdent de nos jours à cause de la malnutrition.
Deux zones sont concernées par cette situation. Il s’agit des régions du Nord et de l’Extrême-Nord. Au regard de cette conjoncture, le Cameroun représente à lui seul en Afrique centrale, 14% des enfants malnutris et 44% en zone Cemac. Il perd 570 000 000 de dollars US chaqu’année en therme d’intervention parce que ce phénomène n’est pas une priorité pour les pouvoirs publics camerounais. Pourtant, fait remarquer l’Oms, il faut seulement 31,3 dollars US soit un peu plus de 650 Fcfa par enfant chaqu’année pour venir à bout de cette maladie transversale. La situation a aussi un impact réel et direct sur le développement tant humain qu’économique au niveau national. Quelques cas sont à noter notamment le développement de l’enfant, la productivité au niveau national, le cycle intergénérationnel de malnutrition et la santé dans la vie adulte pour ne citer que ces cas.
Au regard de ce rapport, l’on peut comprendre les raisons de cette situation décriée par l’institution onusienne en chargé de la santé dans le monde. Tout en appelant à une action urgente et concertée, ce document a le mérite de savoir que le ministère camerounais de la santé n’a aucune ligne budgétaire prévue pour ce genre de cas. Pourtant, la malnutrition fait partie des maladies transversales comme le Sida. Si l’on note des barrières culturelles pour ce qui est de la qualité de l’alimentation dans les deux parties les plus au Nord du pays, l’absence d’une politique agricole pouvant permettre d’endiguer le phénomène est aussi criarde. Il est aussi à noter la mauvaise politique de transport et de commercialisation pouvant au moins permettre de ravitailler ces zones de produits agricoles venus du Sud du pays. Seule la distance suffit à décourager tous ceux qui pourraient s’aventurer dans ce créneau. Surtout les denrées périssables à cause de la distance, ont moins de chance de garder leurs éléments nutritifs. D’où l’urgence qui appelle la solidarité gouvernementale à la rescousse des peuples de cette partie du pays qui peuvent aussi avoir une alimentation adéquate.
Paul-Joël Kamtchang
Paru dans le journal Emergence