L’annonce du directeur général des Douanes (Dgd), Minette Libom Li Likeng jeudi dernier à Douala n’a laissé personne indifférent. Notamment les déclarants en douane, principaux acteurs. En effet, le Dg a indiqué subrepticement à la presse que le passage des véhicules au port se fera désormais en 24h.
De l’avis de plus d’un observateur, des douaniers et des opérateurs, l’annonce de Mme le directeur des douanes est réaliste. Selon une source de la direction technique de Nexus, "tout a déjà été mis en œuvre pour que ce soit possible". Elle continue en confiant "tous les éléments de faisabilité ont été réunis à un seul endroit". Avant de poursuivre "On a crée un port pour automobile, quand tu pars sur place, tout est au même endroit". Selon des sources internes à la Dgd, si l’annonce n’est valable que pour les voitures, cela constitue une phase pilote qui pourra s’étendre progressivement aux autres types de marchandises qui arrivent au port de Douala.
Selon Djoukam Blaise, déclarant en douane au Port autonome de Douala (Pad) "tout ne dépend pas de la Douane. Si les autres qui interviennent dans le circuit peuvent aussi se mouvoir, le délai se verra réduire considérablement". Pour lui, "les dossiers qui entrent en douane ne trainent pas". "Les acconiers, les amateurs, sont ceux qui font perdre plus le temps" indique t-il. "Il faudra perdre au minimum un ou deux jours, les factures ne sont pas émises directement et obtenir la facturation au Pad, n’est pas donnée lorsque ce n’est très embouteillé ou lorsque tout simplement la lenteur des autorisations d’enlèvement au port prend beaucoup de temps" confie Blaise. Il faut en ce moment, outre les 24h de formalité à la douane environ "5 à 6 jours" pour entrer en possession de sa voiture arrivée par voie maritime.
Cependant, Minette Libom Lilikeng a omis que l’opérateur Nexus peut être un véritable frein à son vœu. En effet, pour les voitures en partance des pays de l’hinterland, la balise de géolocalisation peut être un frein. Selon des informations puisées à bonne source, le port de Douala déploie en moyenne 80 balises de géolocalisation par jours selon un ratio régulier. Mais il arrive des jours où, un seul opérateur portuaire garantisse la totalité. C’est le cas de l’une des entreprises du richissime homme d’affaires Vincent Bolloré. Ce qui ne permet pas de satisfaire les autres clients et du coup, ils sont obligés de passer une nuit en attendant en avoir le lendemain. Or, le géolocalisateur dispose en tout de 3 500 balises dont l’usage requiert une certaine rationalisation journalière selon des explications d’un technicien.