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Amadou Ali remonté contre les responsables du Mindef

C’est une journée de dimanche qui ne quittera pas de sitôt ceux qui sont allés présenter leurs condoléances au Vice Premier ministre, ministre en charge des Relations avec les Assemblées. Même si l’essentiel de la conversation entre le Chef de l’Etat et l’un de ses principaux collaborateurs s’est déroulé dans la chambre, celle-ci a débuté en public. Les témoins indiquent qu’"Amadou Ali a dit au chef de l’Etat qu’ils en voulait aux responsables du Ministère de la Défense" pour avoir failli à sa protection ainsi qu’à celle de ses proches pour certains  tués et pour d’autres enlevés. Amadou Ali aurait indiqué à ses proches qu’il paie ainsi le prix de son engagement contre Boko Haram. Toute chose qui fait croire que les pontes du régime de cette partie du pays qui s’étaient réunis en vu de trouver les voies et moyens pour barrer la route à Boko Haram, seraient dans le même viseur.

"Il était très choqué, il tremblait au téléphone, il pouvait tomber et ses gens lui ont dit d'aller se reposer" a indiqué une source qui était à la résidence du vice-Pm ce jour là. A ce qu’il parait, Amadou Ali aurait indiqué au chef de l’Etat son vœu d’"aller sur place enterrer ses proches". Ce que lui aurait déconseillé Paul Biya tout en lui demandant de rallier la capitale politique. C’est donc dans un calme apparent que le Vice Pm du Cameroun aurait continué à accueillir des hôtes et à recevoir les condoléances au courant de la journée de dimanche.

Par ailleurs, alors qu’il a quitté le Nord-Cameroun en embarquant à Garoua pour rejoindre Yaoundé mercredi dernier en début d’après-midi, Amadou Ali devait avoir le cœur très lourd même si le chef de l’Etat l’a durant leur conversation rassuré. C’est son courroux sans ambages qui a conduit le chef de l’Etat à limoger des hauts responsables régionaux de l’armée dans un décret lu au 13h du poste national mardi dernier. Pour autant, le réel problème sur le terrain demeure. Selon des informations puisées à bonne source, "il y a grogne dans les rangs. Les hommes envoyés au front pensent ou disent que les chefs sont assis sur leurs primes". Notre source très introduit dans les milieux sécuritaires à l’Extrême-Nord, poursuit en confiant que " la guerre n'est pas bien coordonnée, il se dit dans les rangs de l’armée qu'il ya une multiplicité de centres de décision". Plus grave, "les militaires ordinaires réclameraient les mêmes primes versées aux gars du BIR (Bataillon d’intervention rapide" parce que dans le cas d’espèce, les deux corps sont soumis aux mêmes risques.

Selon des experts, Kolofata fait partie des zones de l’Extrême-Nord où le déploiement d’urgence a été effectué en raison de la situation dans la zone. Situé à 20 Km seulement du Nigéria, le coin regorge un nombre important de militaires camerounais. Pour justifier la lâcheté avec laquelle les assaillants de dimanche dernier ont attaqué Kolofata, des sources indiquent qu’ils seraient entrés en triés camerounais, trompant ainsi la vigilance des habitants. Autres raisons avancées, les militaires camerounais en faction auraient levé l’ancre plutôt sans attendre la relève de leurs collègues. Cette thèse semble d’ailleurs ne pas prospérer au regard du nombre d’assaillants ayant fait irruption, on parle d’environ 200 personnes lourdement armées.

Pour l’heure, il est difficile de savoir si Amadou Ali arrivé à Yaoundé peu après 14h mercredi dernier, reprendra de sitôt la route de son cabinet. L’homme dont l’entourage dit de plus en plus ragaillardis pourra rebondir dans les prochains jours. Sous quelle forme ? Là est toute la question.

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