Les conseillers municipaux des partis écartés de la course pour les sénatoriales du 14 avril prochain iront aux élections. Ils se rueront vers les urnes davantage pour les 50 000 Fcfa prévus par le décret convoquant le collège électoral des sénateurs que pour un devoir citoyen. C’est-à-dire, celui qui ne demande aucune contrepartie pour l’amour de la nation. Comme ce sera un dimanche, ça tombe bien pour la tontine et autres cotisations. Une sorte de motivation qui ne laissera personne des électeurs indifférents et dont, une bonne façon pour le législateur d'attirer ceux qui n'aiment pas voter ou ceux qui n y trouvent aucun intérêt. Par ce mécanisme légal, nous atteindre la masse critique pour légitimer le vote.
Seulement, les faiseurs de textes juridiques s'était-ils aperçus des conséquences antipatriotiques? Tout semble être mis en jeu pour que la corruption ait droit de cité pendant cette période préélectorale. Sachant que les conseillers municipaux du parti qui concourt sont acquis d'office à la cause de leur label politique, la campagne sera axée vers ceux des partis qui ont été écartés dans l'espoir d'arracher leur suffrage. Cette situation aux premiers abords ouvre grand, les portes de la corruption. Connaissant le coté alimentaire de la politique telle que pratiquée chez nous, aucun conseiller qui voudra bien voter la liste d'un parti qui n'est pas le sien, ne le fera pour rien. Or, l'argent mis à la disposition des partis en lice et qui fera l'objet d'un audit public comme le stipule la note du Minatd, devrait servir plus à la logistique, aux meetings qu'à la distribution en espèce sonnante et trébuchante. Sinon, pourquoi un conseiller votera t-il pour un autre parti politique alors qu'il ne bénéficiera de rien à priori. Ce qu'il faut comprendre, c'est que cette élection n'est pas comme celle ayant pour objectif, l’élection d'un président de la République qui peut à coup de poste, récompenser ceux qui l'y ont propulsé.
En rappel, l’Etat du Cameroun dépensera seulement pour ce qui est de la distribution aux partis politiques en lice et aux conseillers-électeurs, par calcul simple par défaut, un peu plus de 1 300 000 000 Fcfa (un milliard trois cent millions). Ceci n’inclut pas les frais d’organisation. Dans quelques mois, il faudra dépenser un peu plus du double pour les élections municipales et législatives. Tout ceci, des poches du contribuable qui peine à vivre décemment. Cette situation remet au gout du jour, la notion de développement telle que perçu par le Cameroun et la démocratisation des institutions telle que veulent mener nos dirigeants. Toujours est-il qu’on nivèle un pays par le bas pour solidifier le sommet. Dans le cas contraire, la légitimité du pouvoir sera toujours remise en cause comme c’est le cas chez nous. Parce que le peuple est floué même par sa représentation la plus la plus directe, bientôt, les occupants de la chambre haute avec.