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Ecam encore absente de la suite présidentielle

Paul Biya a bouclé le 28 mars dernier, une visite d’affaires de quatre jours en Turquie. Comme à son habitude lors des voyages d’affaires, il s’est fait accompagner de quelques hommes d’affaires et des mouvements patronaux. Cette fois comme lors de la visite en France en janvier dernier, le Groupement interpatronal du Cameroun (Gicam) et le Mouvement des entreprises du Cameroun (Mecam) étaient bel et bien présents. Absente pour la deuxième fois consécutive, Entreprises du Cameroun (Ecam) n’a pas été invitée. Comme lors du voyage hexagonal de Paul Biya, l’absence d’Ecam dans la suite présidentielle a levé des boucliers et cette fois, c’est davantage de l’indignation. Toute tentative de comprendre cette attitude de la présidence de la République du Cameroun a été butée au problème d’accessibilité des personnalités en charge des voyages présidentiels. Notamment, le Directeur du cabinet civil (Dcc) chargé du casting des personnalités et des structures devant accompagner le chef de l’Etat lors des voyages de cette nature. Cependant, nous avons exploré plusieurs pistes dont celles des proches du Dcc et du mouvement patronal Ecam.

Si à la présidence d’Ecam refuse de se prononcer sur la question de l’absence de leur mouvement dans la suite de la délégation qui a accompagné Paul Biya en Turquie, on comprend bien le vœu d’éviter une polémique qui vaut pourtant son pesant d’or. Ni Protais Ayangma le président que nous avons saisi encore moins Périal Nyodog l’un des vice-présidents n’ont voulu se prononcer sur le sujet. On comprend bien qu’il y a aussi des acquis politiques à préserver. Mais dans l’entourage, c’est la consternation totale. "Du vaudou" parle un cadre de la South Média corporation, organe éditrice du quotidien Mutations dont Protais Ayangma en est le promoteur. Un autre cadre de dire, "demandez à Biya et ses amis" avant de poursuivre et de conclure, "Ayangma n’est pas leur ami".

Des pistes

Vu de l’extérieur, les hypothèses formulées par des observateurs croisent à priori les rapports entre Ayangma et Martin Bélinga Eboutou avec en toile de fond, Jean-Baptiste Béléoken l’ancien Dcc. Au-delà, le quotidien Mutations est aussi pointée du doigt. En effet, "Mutations n’est pas tendre avec le régime" laisse entendre un analyste. Ce qui ne serait pas de nature à attendrir les rapports entre le représentant statutaire d’Ecam qui par ailleurs, est le promoteur et le régime de Yaoundé. D’autres raisons sont aussi puisées en politique. " Je crois qu'on le trouve un peu trop distant et autonome" indique un militant du Rdpc avant de poursuivre, "le sommet se nourrit par la base". Pourtant, il est qualifié comme l’un des gros mécènes du parti dans le grand Mbam, indiquent certaines indiscrétions. Devrait-on nourrir de telles raisons lorsque la vie économique d’une nation est en discussion ?

Dans le cercle très restreint du puissant Belinga Eboutou le Dcc, le sujet écœure certes, mais on y peut rien, chacun défend sa place. " Protais est mon  ami. Je lui souhaite tout le bien" confie une dame connue pour sa proximité avec le Dcc ayant fait le déplacement de la Turquie. Ce que l’on sait, c’est que c’est le Dcc qui a proposé à l’approbation de Paul Biya, les personnalités devant constituer sa délégation. L’on affirme mordicus que même si c’est le Dcc qui a fait le casting, le dernier mot revient à Paul Biya. Le chef de l’Etat aurait-il mis de coté le nom de Protais Ayangma comme représentant d’Ecam ? Belinga Eboutou aurait-il quand même proposé cela à son boss ? bien malin qui pourrait répondre à cette question.

Ayangma le problème ?

Ecam serait-elle donc écartée uniquement à cause de son président ? Quelques hypothèses permettent de comprendre que le problème serait ailleurs. Peut être au niveau de la présidence de la République. Puisqu’avec le gouvernement, tout semble bien rouler. Ecam a d’ailleurs été invitée par le gouvernement aux discussions lors de la préparation du budget programme. Le défilé de plusieurs membre du gouvernement notamment ceux du secteur de l’économie est perceptible lors des différents rendez-vous publics qu’organise cette structure patronale très active. A l’instar de Laurent Serge Etoundi Ngoa, ministre des Petites et des Moyennes entreprises, de l’Economie sociale et artisanale (Minpmesa), de Gregroire Owona, ministre du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss), de Yaouba Abdoulaye, ministre délégué auprès du ministre de l’économie (Minepat) pour ne citer que ceux-ci. En plus, en trois ans d’existence, les états de service d’Ecam ne sont plus à démontrer allant de la promotion et du renforcement  des entreprises, au carrefour des rencontres entre demandeurs d’emploi et promoteurs d’entreprises. Sur le plan politique, les caciques d’Ecam sont des inconditionnels du parti au pouvoir dans leur base.

Paul-Joel Kamtchang

Paru dans le n°137 de l'hebdomadaire Emergence du lundi 1er avril 2013

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