Comment avez-vous appris la nouvelle de l'enlèvement des otages français?
Je l'ai appris sur Rfi, j'étais dans un car de transport en commun. Ensuite, à l'arrivée un voisin m'a briefé sur les évènements façon "ce qui se raconte sur la place du marché". Selon lui, des touristes français se seraient hasardés à Dabanga une ville frontalière entre le Cameroun et le Nigeria. Pour eux, lesdits touristes auraient loués des motocyclettes ce serait d’ailleurs la raison pour laquelle ils ont été rattrapés par leurs ravisseurs. C’est une fois à la maison que je me suis informé sur la version originale des faits que tout le monde connait aujourd’hui.
Quelle est l'attitude des élèves en ce moment dans la région?
Les élèves, ceux qui s'informent de ce type d'actualité, font / incitent les enseignants à faire un petit commentaire sur l'évènement en début ou en fin de leçon.Ils s’intéressent beaucoup plus aux conséquences d’un tel acte dans les relations diplomatiques entre la France et le Cameroun, ici le Nigéria ne constitue pas une menace dans les consciences.
Y a-t-il vraiment peur sur la ville comme le laisse croire certaines sources ?
Je ne vois pas un sentiment de panique autour de moi, si ce n'est chez certains ressortissants « blancs » qui désormais se déplacent sous escorte policière. Ils ne sortent plus de leurs hôtels, se méfient même des bonjours des passants et refusent de s’arrêter un moment pour en parler. Il est clair qu’ici la panique a un camp…
Comment vous sentez-vous lorsque vous avez à l'idée que vous cohabitez avec des terroristes qui peuvent surgir à tout moment?
Je vous l’ai dit plus haut, ici les terroristes ne se sont pas encore manifestés. Nous sommes juste des voisins pour le moment. On peut ressentir de temps à autre une petite peur quand on connait la situation de la porosité de nos frontières. Mais le phénomène "Boko Haram" ne laisse personne insensible. En effet, on a peur qu'ils aient déjà infiltré notre pays depuis belle lurette seulement nous faisons entièrement confiance à nos forces de l'ordre dont la présence en uniforme rassure beaucoup en ce moment dans cette partie du pays.
Quelle est l’ambiance qui règne au niveau de la frontière en ce moment ?
La frontière est calme, du moins dans la partie ou nous nous trouvons, Mayo-Moskota. Le trafic est stable et c'est grâce au carburant nigérian que je vais au travail tous les jours. Les commerçants camerounais bien que s'exprimant parfaitement dans les langues locales utilisées au Nigéria, n'affluent plus vers les villes d'affaire nigérianes comme Maiduguri et Limani 'Banki'. Les prix des marchandises en provenance du Nigéria s'envolent un peu sur le marché mais, on tient le coup.