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Justice: Le Cameroun ne veut pas abolir la torture

Le 26 juin est passé inaperçu au Cameroun cette année comme celle antérieure. Contrairement aux autres journées qui font les bonnes affaires des fonctionnaires véreux et adeptes de fêtes, la journée mondiale contre la torture ne s’est pas célébrée à grand renfort médiatique au Cameroun. Si les raisons peuvent varier d’un acteur des droits humains à un autre, le ministère de la Justice sensé organisé une telle commémoration est resté muet comme une carpe. Un silence qui peut illustrer la profondeur de la situation de la torture au Cameroun. Commissariats, brigades, prisons restent en dépit de tout, de véritables cachots de torture sous toutes ses formes, loin des regards inquisiteurs.

Grâce à l’Association de défense des droits humains et d’action en faveur de la paix, le 26 juin n’est pas resté dans les calendes grecques. Profitant de cette journée commémorative, elle a organisé à Douala en vue de rallier à la cause des opprimés, "un atelier de formation sur le protocole facultatif se rapportant à la convention contre la torture et autres peines ou traitement cruels, inhumains ou dégradant (l’OPCAT)". Y ont pris part, hommes de médias et organisations de la société civile en vue de porter haut, la cause de tous ceux qui en dépit de la convention préalable, subissent toujours des tortures des agents de l’Etat. Sinon, comment comprendre qu’après adoption par l’Assemblée nationale camerounaise, Paul Biya qui a signé le 19 novembre 2010 le décret n°2010/347 ratifiant ce protocole n’ait pas encore pris le soin de s’assurer que le pays qu’il dirige a déposé aux Nations Unies ? Une question très peu lancinante connaissant les habitudes de ce régime en la matière. Car, plusieurs textes ratifiés n’ont toujours pas été déposés aux Nations Unies à Manhattan. Pourtant tout un ambassadeur y est accrédité pour ce genre de travail et tout un ministère des relations extérieures assure bien le relai à l’international. Secret de palais ou simple silence complice des horreurs humaines, bien malin qui répondra connaissant l’axe psychologique de ceux qui nous dirigent.

Quoiqu’il en soit, nul besoin de démontrer les méfaits des séquelles de la torture. Les impacts sont aussi bien physiques, psychologiques que morales avec des ramifications familiales qui habitent des individus des vies durant. Or,  l’OPCAT  s’avère être un mécanisme indispensable pour l’abolition de la de la torture et l’instauration complète d’un Etat de droit. Déposé, le protocole permettra selon ses thermes de références aux sous comité des Nations Unies contre la torture de visiter nos maisons d’arrêts. Ceci permettra de faire des recommandations et des esquisses de solutions au gouvernement camerounais. Celui-ci pourra voir son mécanisme national de prévention (Mpn) plus étoffé et plus efficace en vue d’endiguer le phénomène de torture au Cameroun. Il permettra en outre, d’humaniser nos maisons d’arrêts en lui rendant ses missions originelles. La Commission nationale des droits de l’homme des libertés (Cndhl) pourra être reformé voyant ses missions plus importantes. Il est donc question d’appeler le peuple camerounais à recommander à nos fonctionnaires de déposer ce texte urgemment pourtant ratifié par le Chef de l’Etat afin qu’il ait force de loi en interne et que la torture soit un lointain souvenir. Que ces fonctionnaires n’aient pas la mémoire courte car ceux de l’opération épervier d’aujourd’hui, hier intouchables, se disent victimes (règlement de compte) de torture. Leurs écrits le démontrent à suffisance ainsi que leurs déclarations devant les prétoires. Car, on ne le dira jamais assez, rien ne vaut la dignité humaine reconnue par des textes onusiens, bibliques et par l’Etat du Cameroun.

Ce texte n’étant pas sous sa forme journalistique, n’engage que son auteur.

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