Eklablog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Focus : Connaitre l’Agent de santé communautaire

"J’ai fait un calendrier, je passe trois fois par semaine dans les villages pour m’enquérir de la situation des malades". Ainsi, se résume le travail de l’Agent de santé communautaire (Asc), Walba Martin habitant l’arrondissement de Guidiguis. Il a été formé à s’occuper des malades et à les  référer en cas de persistance du malaise. A vélo, parfois à pied à travers les villages Dorega, Rwané et Ndirring dont il a la charge, il a toujours par devers lui, dans un sac floqué du logos de l’Unicef, des médicaments essentiel dont le Zinc, du Sirop et sait soigner par exemple des maladies respiratoires, le paludisme simple, la diarrhée et se rassure que les femmes enceintes ont régulièrement suivi les consultations prénatales. Les enfants malnutris ne sont pas en reste. Leur absence augure un désastre pour la communauté. "On perd nos malades quand il y a rupture des médicaments" et par conséquent, "ils préfèrent aller voir le vendeur de la rue" et bonjour les dégâts !

Comme lui, ils sont nombreux à rendre service à leur communauté qui les a élus sur la base de leur sens de l’altruisme et de la probité morale. Son travail est incontournable et grâce à lui, selon des chiffres, plus de 55% de patients référés sont fait par les Asc. A en croire le Directeur de la Santé familiale au Ministère de la Santé publique du Cameroun, "nous ne pouvons travailler sans eux". Selon le Pr Mbu Robinson, " Ce sont eux (les Asc Ndlr) qui savent où se trouve le malade". Une position que partage le Dr Inrombe Jermias, coordonnateur national du projet Sida H4+, projet de réduction de la mortalité infantile et maternelle. Pour lui, les Asc font la "pratique familiale essentielle". Sans eux reconnait-il, "il y aura un grand nombre de malades sans soin". Cependant, le directeur de la santé familiale souhaite faire la différence afin de ne pas tomber dans une confusion de rôle. "Ils ne sont pas des agents de santé, mais des mobilisateurs, des communicateurs" insiste le Pr Mbu.

 Le projet H4+ devant recruter près de 600 Asc qui vont couvrir les 6 districts de santé dont Gudiguis, Moulvoudaye, Koza, Maroua urbain et Maroua rural qui à eux seuls, représentent 25% de la population totale de l'Extrême-Nord.

Catéchiste

Etre Asc n’est pas facile, apprend-on auprès d’eux. "Je m’occupe des malades au point de ne pouvoir pas m’occuper de mes champs et on dit dans le village que je suis paresseux" confie pour sa part André Taira Asc du Centre médical d’arrondissement (Cma) de Touloum situé à une trentaine de kilomètres de Guidiguis.

 Par ailleurs, élu sur la base de sa proximité avec sa communauté et de sa probité morale, il ne doit se contenter que d’un "merci" pour les moins ingrats. Pour d’autres, "les trois chefs m’ont donné les espaces pour mon champs" indique Walba Martin. "On n’est pas payé, mais ce qu’on fait là dépasse le salaire qu’on devait nous verser" poursuit-il. Pour le Dr Inrombe "ils s’entendent avec la communauté". Et de poursuivre, "certains leur donnent le mil, vont les aider pour leurs travaux champêtres et d’autres encore bénéficient avec leur famille, d’une prise en charge gratuite au niveau des centres de santé".

 Au regard du succès de cette méthodes par les Asc, le gouvernement camerounais réfléchirait à "développer cette approche sanitaire comme dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest". Parmi ces Nations, le Burkina- Fasso serait l’un des modèles que veut copier le Cameroun pour être plus proche de l’enfant et de la mère. Etant entendu que l’hémorragie est la première cause de décès maternel, il y a lieu de réduire dans l’urgence cette morbidité notamment dans la partie Nord-Cameroun où moins de 30% des femmes accouchent à l’hôpital contre 93% dans le Sud-Ouest.

 Paul- Joël Kamtchang de retour de Maroua

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article