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Environnement : Pourquoi Douala est de nouveau sous les ordures

 L’accumulation des ordures dans les quartiers et plus grave, dans les marchés et autres lieux de regroupement populaire fait désormais partie du quotidien des habitants de Douala. "Hysacam (Hygiène et salubrité du Cameroun, la société en charge du ramassage des ordures ménagères Ndlr) n’est pas passée ici depuis une semaine" lance un habitant de la cité des billes dans le 3ème arrondissement de Douala.

Au marché Congo, près du secteur de vente des pagnes, l’odeur fait suffoquer. Un monticule d’ordures qui se dresse fièrement, est sur le point d’obstruer la voie et ne laisse personne indifférente.  "Est-ce que les gens là (éboueurs Ndlr) passe même encore ici" s’interroge ironiquement une commerçante dont le comptoir jouxte les ordures. "Ah, on se cotise même 100Fcfa pour donner à des jeunes pour qu’ils fassent dégager une partie" poursuit-elle. Comme dans les quartiers populaires, les zones chics ne sont pas en reste. Bonanjo le quartier administratif  n’échappe pas aux spectres des ordures qui sont de retour dans la cité aux berges du Wouri au point d’exaspérer certaines autorités qui interpellent la Communauté urbaine de Douala (Cud).

 Joint au téléphone par Emergence, le chef de département communication d’Hysacam qui comme le Directeur général a écourté son congé, indique que "les responsabilités sont partagées". Selon lui, le trop plein d’ordures qu’on observe dans la ville de Douala est une réponse positive "à notre dernière campagne de communication". Il ressort que ces populations "remontent les déchets, débouchent les drains" et les déchets accumulés donnent l’impression d’un trop plein. Outre le non-respect des horaires puisque "quand nos camions finissent de charger, c’est en ce moment que les déchets sortent des ménages" justifie-t-il. "Mais bientôt Douala va sortir de cette situation" Rassure-t-il.

 Seulement, plusieurs types de déchets sont à distinguer dans ces ordures. Hysacam n’étant responsable que des déchets ménagers et verts, les nouvelles qui apparaissent doivent requérir "une autorisation spéciale de la Cud" puisque ce type ne figurant pas dans son cahier de charge explique Garba Ahmadou. Mais en attendant, "la situation est sous contrôle" rassure le chef de département communication chez Hysacam.

 Cependant, même si la Cud venait à autoriser ce qui entrainerait des coups suppléments à cause de l’avenant que doivent signer les deux parties, d’autres problèmes subsisteraient à en croire Garga et d’autres sources internes. "La pluie ne permet pas l’accessibilité dans certains quartiers" la plupart d’ailleurs connaissant l’état des routes. Selon d’autres indiscrétions contactées par Emergence, la société a perdu beaucoup d’engins dans ces états de route et a même fait appel aux engins venus d’autres villes où elle opère. Information confirmée par la Direction générale puis que "l’autre jour un camion a brulé au niveau de Socaverre parce qu’il était trop sollicité".

 Avec 1 300 tonnes d’ordures à ramasser par jour pour un contrat de 8 milliards Fcfa l’année avec la Cud, la donne semble désormais devoir changer. Même si à Hysacam on refuse le terme "crise d’ordures", la propreté complète ce n’est certainement pas pour demain. La saison pluvieuse pour ne que prendre que cet aspect ne fait que suivre son cours. Les routes quant à elles continuent de se creuser sous le poids de gros engins qui passent même par des endroits insoupçonnés des quartiers pour rallier généralement les grands axes. Ces destructions se passent sous le regard impuissant des autorités administratives, municipales et traditionnelles. In fine, ce sont les populations qui trinquent !

 

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