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Comment Bekolo Egbe pillait l’université de Douala

Essomba est son nom d’emprunt, ancien cadre à la direction des affaires administratives et financières (Daf) de l’université de Douala. "Les chiffres dévoilés par le Consupe (Contrôle supérieur de l’Etat Ndlr) sont largement en deçà des faits" indique t-il. "Si les 14 années passées à la tête de  cette auguste université sont fouillées de fond en comble, le Pr aura honte de lui-même" poursuit-il.

A ce qu’il parait et de l’avis de quelques uns des anciens collaborateurs du désormais ex-recteur, "les marché fictifs" étaient son rampard notamment la surfacturation des consommables et le gap entre ce qui était commandé et ce qui était réceptionné. "Il avait commencé par les encres, et au moment de partir c’était des feuilles de composition" confie notre interlocuteur qui brandit des photocopies des Bons de commandes administratifs (Bca). Ces marchés, pour la plupart, étaient attribués à des sociétés qui soit ne livraient pas la totalité ou ne livraient même pas. Certaines "sociétés écrans" avaient été alors remarquées dans le processus : entreprises Yobi, "qui appartient à son épouse et spécialisé dans la livraison des feuilles de composition". Il y avait aussi "Family business qui appartient à sa nièce à travers laquelle les obsèques du beau-père du recteur avaient été organisés en 2011" fulmine un autre toujours en poste aux services centraux de l’université de Douala. La liste à nous remise est bien longue, appartenant aussi bien à des proches qu’à des copines tels que "Yobi ne livrait pas, Arida aussi, même Koulou services dont le promoteur est mort la semaine passée". Avant de conclure, "depuis qu’il est parti, aucune de ces sociétés là n’est revenues ici (à l’université Ndlr)"

Pour mieux assoir son dispositif, des sources indiquent que le recteur plaçait aux services financiers des établissements de l’université, "les gens de son village ou de son département (Nyong et Mfoumou Ndlr)". Des noms sont même avancés mais par soucis de pudeur, Emergence n’en fait pas cas. Or depuis la loi de 2005 relatives à la déconcentration financière du budget des établissements, Bekolo ne s’était jamais plié à cette donne. Ce n’est qu’avec la venue du recteur actuel, le Pr Dieudonné Oyono qu’elle a été effective. Ce que son chef de cabinet appelle "les premières mesures fortes". Celles-ci consistent à transférer 65% des recettes à chaque entité administrative génératrice et de la rendre ainsi autonome. Ces indiscrétions indiquent que "parfois, quand nous arrivions le matin, on se rendait compte qu’il y avait des Bca qui ont été signés dans la nuit". Avant de continuer "même le week-end de son éviction, des Bca ont été signés à son domicile et mis dans le circuit avant son départ".

"L’actuel recteur a fort à faire avec le gouffre financier laissé par son prédécesseur" indique notre interlocuteur. On parle de plusieurs milliards Fcfa de déficit à combler. Rendu au rectorat, c’est le calme plat, personne ne veut se prononcer sur le sujet, encore moins le recteur qui préfère  parler de sa vision plutôt que du passif. "Dans toute administration il y a un passif et le cas que vous évoquez est un dossier épineux" indique un cadre en service au cabinet du recteur.

Version originale parue dans le quotidien Emergence

 

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