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Affaire Scdp: La guerre des expertises hypothèque la suite

Affaire Scdp: La guerre des expertises hypothèque la suiteLa rédaction de votre journal a appris de source sûre, la mise en libération provisoire par le Tribunal criminel spécial (Tsc), des six accusés dans le cadre de l’affaire de la disparition miraculeuse de 165 000 000 Fcfa. Il s’agit des quatre agents de cet établissement bancaire dont le fondé de pouvoir, deux caissières et la dame de l’accueil. Quant à la Société camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp), il s’agit de la responsable de la trésorerie au moment des faits et de son adjoint. Cette somme se serait volatilisée des comptes de la Scdp logés à la Société général des banques au Cameroun (Sgbc). Emergence a appris que c’est à l’issue d’une contre-expertise d’un graphologue commis cette fois par le Tcs qu’ils ont été mis en liberté provisoire. Le spécialiste chargé de la contre-expertise selon nos sources, est un fonctionnaire en retraite. Il a été agrée il y a seulement un an. Il aurait indiqué que les signatures sur les ordres de virements (Ov) incriminés sont bel et bien celles des auteurs. Il remet ainsi en cause, l’expertise de son homologue commis par la Cour d’appel du Littoral. Il a été agrée depuis 1994 selon une source de cette juridiction. Ses conclusions avaient indiqué que les signatures sur les Ov étaient fausses. Ces déclarations avaient conduit à l’arrestation puis le transfert des mis en causes. Ceux-ci avaient été déférés à la prison de Nkondengui à Youndé où ils ont séjournés deux mois avant d’être relaxés en fin de mois dernier.

Péril sur la suite

La remise en liberté provisoire des six coaccusés dans l’affaire des 165 000 000 Fcfa disparus des comptes de la Scdp à la Sgbc hypothèque dangereusement la suite de la procédure. Non seulement, il y a risque que les personnes qui restent toujours à la disposition de la justice s’enfuient, mais, la guère des expertises n’est pas de nature à faciliter la suite de la procédure. Si dans les locaux de la Scdp à Douala on se refuse de tout commentaire, l’on garde espoir que le dénouement de l’affaire saura mettre en lumière la vérité. Mais, en remontant à la genèse, les agissements des différents mis en cause ne sont pas de nature à faciliter les choses non plus. A s’interroger sur la contre-expertise qui innocente momentanément les coaccusés. Des sources médiatiques ayant traité l’affaire dès sa naissance, indiquent que le flou remonte au 12 novembre 2012 lorsque des nuages de suspicions pesaient sur la responsable de la trésorerie devenue "subitement négligente". "Une paresse" à nul autre pareil constatée dans les gestes de celle qui était sensée contrôler les mouvements d’argent de la Scdp. Selon des sources, l’interrogatoire de cette dame laissait transparaitre une infidélité dans ses allégations. Quid du fondé de pouvoir de la Sgbc qui dans un premier temps reconnait avoir signé les Ov et plutard, nie la paternité de ses signatures. Autre piste et des non-négligeables, les bandes sensées contenir les images des jours au cours desquels ont lieu les virements à la demande de la Scdp, sont restées introuvables. Les agents en charge de l’activité de vidéosurveillance auraient effacé les images en raison du délai pourtant, la Scdp aurait fait la demande bien avant la période indiquée. Le compte en question requiert une double signature : celle du directeur générale et de son adjoint. Or, il se trouve qu’à cette période, le directeur général adjoint ne se trouvait pas au pays. Mais curieusement, "avait signé ce jour là", l’ordre de virement.

Mais a y voir de prêt, entre les attitudes des personnes incriminées et le bénéficiaire frauduleux des 165 000 000 Fcfa, la stratégie semble se fondre dans un réseau bien réfléchi. Si à ce jour, la personne à qui cet argent à été virée reste introuvable, il faut craindre le dispositif araignée qui permet de mener ce genre d’opération qui occasionne beaucoup de perte à l’Etat du Cameroun. La Scdp n’est pas la première à subir ce genre de coup au regard des différents évènements similaires dans d’autres établissements et entreprises d’Etat. Selon des personnes bien renseignées sur le sujet, cet argent aurait été encaissé par un individu sur présentation d’une carte d’identité périmée et d’un récépissé de déclaration d’entreprise. La même source indique que la micro-finance et la coopérative par lesquelles le pactole aurait été débité ne se sont pas particulièrement montrées vigilantes lors des opérations. Au moment de mettre sous presse, ni la Sgbc, encore moins la Scdp et les autres structures citée dans le cadre de cette affaire n’ont souhaité s’ouvrir à nous. Du coté du Tcs à Yaoundé, la procédure suit son cours.

Paul-Joël Kamtchang

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