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Vih/Sida: Imbroglio dans l’accès aux Arv

Mardi 5 mars 2013, Jeannette, porteuse de Vih/sida s’est rendue comme d’habitude à l’hôpital de Nylon à Douala, l’une des plus grandes Unités de prise en charge (Upec) du Littoral. Grande a été sa surprise, lorsque le médecin lui demande de repasser le lendemain. Mercredi 6 mars 2013, elle s’y rend effectivement, mais ne peut qu’avoir les Anti rétro viraux (Arv) pour une semaine. Le comble, les molécules ont subit des modifications et elle ne devra les prendre désormais qu’une fois par jour à 22h au lieu de 2 comme c’est le cas depuis sa prise en charge.

Comme elle, la situation semble plus alarmante dans les Upec de Yaoundé selon des organisations de la société civile qui suivent les Personnes vivants avec le Vih. L’hôpital de la Cnps aurait renvoyé la semaine dernière, un patient souffrant à la fois de Vih et d’hépatite B. Il aurait été renvoyé au quartier cette fois avec des Cotrim à la place de son traitement habituel constitué de Temlan-Névirapine. Le même tableau se serait observé au centre hospitalier Saint Martin de Porres, à l’hôpital de jour de l’hôpital central, l’hôpital de Mbalmayo. Parmi eux, certains ont pu obtenir une partie de leur traitement tandis que d’autres ont simplement été invités à repasser sine die sans explications apparentes selon certains leaders de la société civile camerounaise.

Recoupant les raisons de cette situation auprès des autorités en charge de la santé, voici ce qu’il en ressort. Au ministère de la Santé (Minsanté), une source jointe au téléphone déclare "je ne puis confirmer, il faut vous rapprocher du secrétariat permanent du Cnls (Comité national de lutte contre le Sida Ndlr)". Avant de poursuivre, "il peut avoir rupture par endroit due à la gestion des stocks qui peut être tributaire à son tour, à la mauvaise prévision". La thèse de la rupture des Arv est battue en brèche au Cnls. Selon une source interne à cet organisme, "il n y a pas de rupture de stock". Cette hypothèse ne saurait se justifier d’après la même source. Car, le Fonds mondial contre le paludisme, la tuberculose et le Vih/Sida a mis à la disposition du Cameroun pour la subvention des Arv,  64 milliards Fcfa. Cette aide est entrée en vigueur depuis le 1er juillet 2012 et devra couvrir 5 années. Le Cnls voit les raisons de la situation actuelle ailleurs. L’on parle des personnes vivants avec le Vih/Sida qui migrent vers d’autres Upec augmentant de ce fait, le nombre de prises en charge pour parler en terme technique, d’"explosion de la file active des malades". Selon notre interlocuteur, il peut arriver qu’un malade parte de Maroua, se retrouve à Yaoundé au moment où son traitement mensuel tire à sa fin. L’on explique  que la capacité de prise en charge de l’hôpital du jour de l’hôpital central de Yaoundé est évaluée à 2 500 malades auquel, il faut adjoindre des fréquentations fluctuantes.

En l’état, la position officielle du Cnls est très attendue pour expliquer à l’opinion ce qui se passe au niveau de l’accès aux Arv. Telle que les choses se présentent à l’heure actuelle, la situation des Pvvih est à son comble. Et comme le silence entretient la rumeur, il vaut mieux ne pas s’amuser avec la vie des millions de Pvvih qui participent pour certains, la vie nationale.

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