Selon Global Voice group, la situation de la fraude des télécommunications en Afrique est de plus en plus inquiétante. D’après des chiffres que ne réfutent d’ailleurs pas Union internationale des télécommunications (Uit), ces fraudes font perdre à l’économie mondiale, plus de mille milliards de dollars chaqu’année. Les experts font d’ailleurs remarquer que les auteurs multiplient d’astuces au fil des jours. Mais en fin de compte, les Etats, les consommateurs et les entreprises du secteur sont les grands perdants au profit des auteurs dont le nombre à travers la planète ne cesse de croitre.
Au rang des faits palpables donnant une âme à cette fraude, l’on peut citer pêle-mêle le vol d’identité au spamming, les conversions illégales de trafic téléphonique international en trafic local, les transactions mobiles frauduleuses, et bien d’autres figures qui connaissent une embellie. Global Voice group indique que c’est grâce à l’impact de l’internet et des réseaux de nouvelle génération (Ngn) que ces activités frauduleuses prolifèrent et les rendent de plus en plus difficiles à contrer. Pis, dans une étude menée par l’Association of Certified Examiners, les structures se voient délester par cette pratique pas moins de cinq pour cent de leur revenu annuel.
En fin 2013, l’Afrique comptait plus 735 millions d'abonnés au mobile et représentait sur ces entrefaites, un marché à plus forte croissance et le deuxième le plus important du monde après l'Asie. Dans le secteur des télécommunications, on est formel quant à la croissance du secteur des télécommunications et plus précisément du développement de l’internet qui ont créé d’importantes opportunités. Un marché juteux pour les fraudeurs et les utilisateurs illégaux qui par cette pratique, entrainent d’énormes pertes de revenus annuels à l’échelle mondiale, sans oublier des pertes de revenus fiscaux pour les Etats.
Au Cameroun
Aucune source n’affirme un début de lutte pour éradiquer le phénomène. Pendant ce temps, les opérateurs de téléphonie mobile s’en plaignent. Dans ces milieux avec les témoignages des consommateurs, les manifestations sont connues. De plus en plus par exemple, en local les consommateurs reçoivent des appels de l’extérieur "mais c’est le numéro d’un opérateur d’ici (Cameroun Ndlr) qui s’affiche". Sachant que les fraudeurs peuvent être repérés "ceux-ci font tout pour masquer le numéro" confie un expert d’une société de téléphonie mobile qui a requit l’anonymat. Dans l’imaginaire, l’idée la plus répandues est que c’est un appel émis via internet. Toute chose qui fait dire que le routage a été biaisé.
Au Ministère des postes et des télécommunications (Minpostel) on dit ne pas encore y penser. Cependant, on est conscient de l’ampleur du phénomène. D’ailleurs, aucun chiffre à cet effet n’est disponible, mieux n’existe. Même son de cloche chez le régulateur du secteur. Cependant, on dit qu’au niveau mondial, le phénomène est telle une pieuvre qu’il est difficile de s’en attaquer durablement et efficacement. "Ces fraudeurs sont très intelligents" qualifie un expert.
La Sim box
L’une des fraudes les plus répondues dans le monde est celle perpétrer grâce aux cartes Sim et de Sim-box autrement appelées passerelles Gsm par les appels internationaux. Cette pratique reste la plus dommageable sur le plan économique en Afrique. Elle consiste à faire passer des appels internationaux pour des appels locaux, permettant ainsi à des opérateurs clandestins de réaliser d'énormes bénéfices au détriment des opérateurs légitimes et du fisc.
Au pays de Paul Biya on regrette surtout, car les investissements privés sont en périls. Chez les opérateurs privés de téléphonie mobile, on rappelle surtout qu’ils sont taxés selon un pourcentage de leur chiffre d’affaires. Or, font-ils remarquer, "ce piratage téléphonique prive les opérateurs et par ricochet l’Etat, de l’argent provenant de la taxation des revenus générés par les appels internationaux entrants". Et de rappeler que même l’usager n’est épargné en ce sens que "l’appel est souvent de mauvaise qualité, avec beaucoup d’interférences et de coupures". En plus du fait que le numéro affiché "ne peut être rappelé" en cas d’un appel manqué.
En attendant, les opérateurs affirment disposer "des outils de détection et de suspension des Sim-box". Force est de reconnaitre que les effets sont souvent limités dans l’espace et le temps car "ces outils ne permettent pas d’évaluer l’ampleur des Sim-box sur le marché". Plus est, s’inquiètent les opérateurs d’autant plus qu’ "une partie de cette activité demeure non détectable".
Paul- Joël Kamtchang
1ere publication dans le quotidien Emergence du 05/10/2014