"On ne pouvait plus pénaliser les autres, alors que celui à qui on a donné l’exclusivité sur la 3G peinait à démarrer ses activités" confirme une source au ministère des Postes et des télécommunications (Minpostel). C’est dire que le gouvernement a finalement opposé une fin de non recevoir à Viettel qui opère sous Nextell après que ce dernier ait demandé le renouvellement de l’exclusivité sur le 3G. L’unique autorisation pour l’exploitation de cette nouvelle technologie au niveau du Cameroun, faut-il le mentionner, arrive à expiration le 14 décembre prochain, a confirmé une indiscrétion proche du dossier.
Dès le 1er janvier 2015, tous les opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun vont exploiter la 3G. Aux anciens, il faut désormais ajouter la Cameroon Telecommunications (Camtel) dont la licence d’exploitation du mobile entre en vigueur en début d’année prochaine. Ce qui signifie qu’outre le CDMA, l’opérateur dit historique, va aussi exploiter le GSM pour le téléphone mobile. Cependant, selon des sources au Minpostel, ce segment pourrait ne pas être opérationnel avant la fin de l’année prochaine pour des raisons "techniques".
C’est surtout compte tenu du non renouvellement de l’exclusivité de Viettel sur la 3G que les opérateurs classiques pourront exploiter cette nouvelle technologique. Et c’est bien parti pour Orange et Mtn parce que déjà, "dans leur demande de renouvellement de licence, ils sollicitent la 3G" confie notre source. C’est tout naturellement qu’ils y auront droit. Cependant, la concurrence va se jouer au niveau "des services ajoutés" a indiqué un cadre à Mtn-Cameroun. Dans cette structure en effet, on dit être "prêt depuis" et c’est donc dès la prochaine année qu’on saura "qui est qui". D’autant plus que selon ces opérateurs, la balle a été remise au centre et il faudra aller au delà "de la voix et de l’internet" qui sont des acquis pour tout le monde.
Certains opérateurs ont déjà fixé le timing de leur galo d’essai. A Mtn par exemple, la Coupe d’Afrique des nations féminine en 2016 et celle des hommes en 2019 qui se joueront au Cameroun, vont permettre à chaqu’opérateur de démontrer de quoi il est capable. Outre le fait que des services jusqu’ici développés sur la 2.5, connaitront un boom avec la 3G. Notamment la télémédecine, les opérations monétaires par mobile et bien d’autres services dont Mtn se dit "leader en innovation".
Vers la fin du monopole de Camtel
Toutes les sources jointes aussi bien au sein du gouvernement camerounais que dans la communauté des télécommunications sont unanimes sur la position de Camtel. En effet, cette structure qui gère les câbles sous marin Sat-3 et depuis quelques semaines le Wacs, vient d’obtenir la licence pour le mobile, gère la fibre optique et donne accès à la bande passante est plus que jamais sur le grill. "Cela va de soi que ça fausse le jeu de la concurrence, pour toute personne lucide, ça saute à l’œil" a déploré une source au Minpostel.
Tout porte à croire que le gouvernement s’y penche déjà. Le 24 juillet dernier au cours d’une réunion à Yaoundé, Jean- Pierre Biyitti Bi Essam, ci-devant ministre des Postes et des Télécommunication, rappelait qu’il est temps de permettre à tout le monde de poser la fibre optique. D’après des indiscrétions auxquelles Emergence a eu accès, Camtel pourra dans les prochains mois, avoir le même statut que les autres opérateurs de téléphonie mobile à la seule différence qu’elle restera dans le porte-feuille de l’Etat Camerounais. Selon la même source, l’Etat réfléchirait par exemple à avoir un opérateur qui gère les infrastructures et un autre chargée des services. Il est davantage question de toiletter la loi sur la communication électronique en faisant notamment sauter le verrou de l’article 9 alinéas 2. Mais avant, il faudra d’abord la faire passer au parlement camerounais. Au Minpostel, on parle "d’une affaire" qui peut se faire en "une semaine".
Peut-on espérer pour la prochaine session parlementaire prévue selon les dispositions textuelles en novembre ?
Paul- Joël Kamtchang, première publication dans le quotidien Emergence du 02/10/2014