Il est de notoriété au Pad, pour tous ceux qui se pavanent au le 7ème étage que les relations entre le Dg et le Directeur général adjoint (Dga) ont pris un coup depuis quelques temps. "Mais en public, ils se tiennent la main, rient comme si rien n’était" fulmine un proche du Dga. Ce dernier est d’ailleurs suspendu de signature depuis 3 ans par le Dg. "Il a signé une note dans laquelle il dit que tout employé qui utiliserait le cachet ou bénéficierait d’un ordre de mission signé du Dga, répondrait de ses actes" poursuit une autre source.
D’ailleurs, pour faire voyager l’un des médecins du Pad qui doit assister le Dg en France, son ordre de mission a été signé par le Pca. "Il (Dga Ndlr) a refusé de signer" indique une source au premier étage. Toute vérification faite, le Dga se trouvait ce jeudi à Yaoundé où il assistait à une réunion et n’avait même pas été prévenu. "Le Dg en partant ne lui a pas dit aurevoir, ce n’est que quand le Drh (Directeur des ressources humaines Ndlr) est revenu qu’il a su que le Dg n’était pas là et était malade" confie une source proche du Dga. Il voulait en effet, une signature "pour le transfert de fond pour la maladie du Dg" poursuit la même source. Ce que corroborent les informations en notre possession indiquant qu’au moment de quitter le pays "il (le Dg Ndlr) n’a pas délégué ses pouvoirs".
"C’est le Pca qui signe les ordres de mission du Dga parce que le Dg refuse souvent de le faire" précise la même source. Et de poursuivre que "lui et son chauffeur font souvent des missions sans être pris en charge par l’organisme". Dans l’entourage du Dg, il est notamment reproché au Dga, d’être le protégé du Ministre d’Etat, Laurent Esso dont les relations avec le Dg ne sont pas au beau-fixe, depuis son premier débarquement du Pad, alors que Laurent Esso était Secrétaire général de la Présidence de la République (Sgpr). "C’est lui qui l’avait fait partir et avec l’affaire Bibi Ngota vous vous souvenez, le Dg ne peut pas voir ceux qui lui sont proches d’un bon œil" poursuit l’entourage du Dg.
Pendant ce temps, une matinée passée dans les couloirs du Pad montre la morosité qui règne et se balade dans la structure. "Depuis que vous êtes là, ça fait 2h, est-ce que vous avez vu un dossier entrer dans mon bureau pour me donner le travail" s’exprime sous anonymat un haut cadre de la structure. Comme lui, bon nombre rencontré disent que "le Pad connait une crise de valeur". Un autre de poser la question de savoir "comment se fait-il qu’on a deux directeurs généraux, le titulaire n’est pas là mais la structure est bloquée". Seuls les segments en charge de la facturation et de la capitainerie fonctionnent. Le reste, "les gens savent qu’ils ont un salaire, mais n’ont pas le travail alors ils vont faire comment ?".
Ajouter à ça, des conflits de compétence riment la vie du mastodonte de Bonanjo. "Le Dga a instruit le Dag (Directeur des affaires générales Ndlr) de lui monter tous les bons de commande, je pense que le délai c’est pour demain (vendredi dernier)" confie une source au premier niveau. Le Dga avait il y a peu à son tour, instruit ses collaborateurs du premier niveau de ne plus initier les bons de commande, tout devra se faire désormais à son niveau. Ajouté à cet aspect, l’insubordination, "certains directeurs ne respectent même plus les instructions des Dg".
Pis, "Le Pca (président du conseil d’administration Ndlr) a demandé de ne plus confier les postes opérationnels aux personnes en âge de retraite". Seulement, c’est ce même conseil d’administration qui a validé la nomination de l’actuel Conseiller Technique qui avait 62 ans au moment de sa nomination pourtant les textes du Pad parlent de 60 ans qui est l’âge limite de départ à la retraite. "J’avais bien indiqué ça, personne ne m’a répondu" confie un administrateur qui a requis l’anonymat". Comme lui, au moins une dizaine des directeurs et assimilés ainsi que des responsables aux postes de responsabilité intermédiaire sont frappés par la limite d’âge dans une structure qui compte pas moins d’un millier d’employés. "Le Pca qui a lui-même instruit cela, n’a jamais frappé du point sur la table, même pas pendant les sessions de conseil d’administration ça n’a été à l’ordre du jour".