Quel est l’état des lieux de l’accès à l’eau potable aujourd’hui à Douala ?
Je crois dire que la situation est catastrophique n’est qu’un secret de polichinelle. Personne ne peut démentir qu’il y a déficit criard d’eau potable à Douala. L'eau c'est la vie, a-t-on coutume de dire, et vous comprenez qu’à Douala, on ne vit pas vraiment puisqu’il n’y a pas d’eau. Se ravitailler en eau pure, incolore, inodore et sans saveur reste un défi à relever dans la mesure où l’eau qui est parfois attendue comme un messie sort du robinet avec a une couleur douteuse qui défie les qualités d’eau potable enseignées dans les manuels de sciences d’observations. Cela nécessite avant d'en faire le moindre usage, la laisser décanter ou utiliser d’autres formes de filtrage. Dans certains cas, la rouille a même fini par prendre le dessus sur les installations. Il se pourrait d’ailleurs que Douala est même bien loti par rapport à d’autres localités où les robinets n'ont plus connu la visite d'une goute d'eau depuis belle lurette. Les robinets ne crachent plus que de l'air, à la grande colère des ménages.
Le plus curieux c’est pas qu’après des mois sans eaux, les agents de la Camerounaise des eaux ont quand même le courage de venir déposer des factures que le pauvre consommateur est obligé de payer dans les délais au risque de payer des pénalités.
En tout cas, je vous fais grâce des anecdotes qui nous viennent des quatre coins du pays concernant les coupures endémiques d’eau.
A quel niveau se trouve le problème ?
Bien évidemment, l’Etat et la Cde sont mieux placés pour nous dire ce qu’ils fabriquent, dans cette affaire qui présente des allures de complicité. En réalité, je pense qu’entre les deux, il y a au moins un qui ne remplit pas son contrat. Comment peut-on parler de rareté de l’eau dans un pays comme le Cameroun avec tout le potentiel qui est le sien.
Je serai très curieux de savoir l’image que le Cameroun donne à l’extérieur, lorsque dans la capitale Yaoundé on distribue de l’eau avec des camions-citernes dans une zone qui est loin d’être désertique. Je ne sais pas si cela se fait ailleurs.
Comment se traduit de nos jours le malaise des consommateurs des grandes métropoles comme Douala ?
Il vous suffit d’associer cette absence d’eau aux longues coupures intempestives de l’énergie électrique et vous comprendrez aisément le degré de colère qui anime les consommateurs. Lesquels n’ont d’ailleurs pas connaissance de comment le Cameroun n’a pas pu vendre l’eau au point de céder cette vente de l’eau aux Marocains qui se remplissent les poches et se foutent du besoin social des populations camerounaises.
Quelles solutions proposez-vous aux pouvoirs publics pour sortir de cette situation ?
Vivement que chacun respecte son cahier de charges. Dans le cas contraire la relecture du contrat de concession pour un développement durable serait la voix loyale.