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Conjoncture : Vers un déploiement massif de Sages-Femmes

Conjoncture : Vers un déploiement massif de Sages-Femmes

 C’est du moins l’un des plaidoyers formulés par les bailleurs de fonds, la dizaine de pays participants et les agences du système des Nations unies impliqués dans le cadre du projet Sida H4+.  C’était lors de la réunion inter-pays dudit projet tenue à Douala du 02 au 06 novembre 2015.

En effet, depuis 2011 la mortalité maternelle est en hausse au Cameroun atteignant les pics selon les derniers chiffres de l’ordre de 782 pour 100 000 naissances vivantes. Cette situation qui inquiète les acteurs du projet Sida H4+ pose un problème majeur, celui de l’absence quasi-totale des sages-femmes au Cameroun depuis que le Cameroun ne forme et ne recrute plus.

En ce moment, en l’absence des chiffres, les actrices importantes de la chaine de prise en charge des femmes enceintes, est selon les participants l’un des facteurs qui ne permettent pas la réduction de la mortalité maternelle au Cameroun. Pourtant, le besoin se fait de plus en plus sentir sur le terrain.

 Selon le Dr Foyet Ignace, promoteur d’un institut privé qui forme les sages-femmes, "le Cameroun à un besoin réel, nous perdons beaucoup de mamans lors de l’accouchement". Malgré cela, le nombre de cette catégorie de personnel sanitaire formé reste faible. "A peine nous les formons, l’Etat les recrute toutes" rassure le promoteur de cet institut. Cette école forme 25 sages-femmes par promotion et en est à sa troisième. Selon le Dr Moluh Seidou, Sous-directeur de la santé de reproduction au ministère camerounais de la santé, le Cameroun dispose seulement de 12 écoles de formation de ces personnels.

 Seulement, "il nous est revenu que les hôpitaux de Douala n’ouvrent pas leurs portes aux sages-femmes pour leur stage" fustige une responsable du Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa). Elle est soutenue par le Dr Moluh qui déplore le fait que "les sages-femmes sont les orphelines des hôpitaux camerounais". Un plaidoyer est alors formulé dans ce sens à l’endroit du Directeur général du nouvel hôpital Gynéco-obstétrique et pédiatrique (Hgopd) de Douala qui est considéré comme l’hôpital de la mère et de l’enfant lors d’un échange avec les participants au cours d’une descente de terrain. Répondant, le maitre des céans s’est voulu clair. Pour ce qui est de la formation des sages-femmes, "des conventions avec des instituts sont signées et nous leur faisons part du nombre de places disponibles pour les stagiaires chaqu’année selon nos capacités d’accueil".

 Le Dg de l’Hgopd, le Professeur Mboudou Emille y avait déjà pensé. Pour preuve, "je suis en train de faire rentrer une sage-femme qui a servi en Belgique pendant 25 ans, elle a le caractère que je veux et je suis sûr qu’avec elle, on va mettre à niveau notre compartiment sage-femme" a-t-il confié à ses visiteurs. Pour permettre à la mère qui vient donner naissance de ne pas mourir dans son hôpital, "nous avons mis en place des kits d’urgences". Ces derniers permettent "lorsqu’un patient arrive, même s’il n’a pas d’argent, on le prend en charge même jusqu’aux médicaments après on met en place un système de recouvrement".

 Au Minsanté, on dit avoir conscience et l’Etat a recruté plus de 150 sages-femmes qui attentent leur déploiement.  Selon ce département ministériel, la prochaine cuvée verra encore environ 150 recrutées. Pour les partenaires au developpement, l’urgence est de les déployer dans la partie septentrionale du Cameroun, où les chiffres sont alarmants.

 

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